Les Hommes de Saint-Mars dans la Grande Guerre : 1917

La bataille du Chemin des Dames (16 avril 1917 – 24 octobre 1917)

En décidant d’attaquer entre Soissons et Reims, le général Nivelle compte sur la surprise pour remporter, au Chemin des Dames, une victoire décisive avec 1 000 000 d’hommes. Mais les Allemands ont transformé les grottes situées au sommet de la colline en forteresses, en nids de mitrailleuses et de canons. Lorsque les soldats français montent à l’assaut de la colline, c’est le massacre. Du 16 avril à la fin mai 1917, cette tragique bataille a fait 110 000 morts ou blessés du côté français.

 

La colère gronde dans les régiments décimés par ces massacres inutiles. L’année 1917 est marquée par de nombreuses mutineries au sein de l’armée française. 3 500 soldats furent condamnés dont 554 à mort. Une cinquantaine seront fusillés. La « chanson de Craonne », entonnée par les soldats français qui se sont mutinés fut interdite par l’état-major en raison de ses paroles antimilitaristes. Cette chanson témoigne de l’exaspération des soldats à qui on avait promis une bataille courte et qui vivent dans les tranchées dans des conditions de plus en plus difficiles à accepter.

 

La relève à La Craonnelle
La relève à La Craonnelle

Dans sa correspondance, le caporal Léon MURY, de Landivy, décrit sa vie dans les tranchées.

Le froid : « Il neige depuis 3 jours, je dois passer toute la nuit au petit poste. Il me faut rester 15 heures, glacé, avec des angoisses de toutes sortes. Il faut être d’acier pour résister, mais les Boches ne m’auront pas. » Léon est resté 26 jours d’affilée en 1ère ligne avec une température de –15 degrés.

 

La nourriture : «  Nous recevons le manger à 3 heures du matin, tout est froid et livré dans des sacs à terre. »  «  Menu du Jour de l’An : un maigre bouillon tiède et un bout de bidoche »

 

 

Poux, puces: « J’ai des poux et je suis sale à faire peur » « Chaque homme nourrit une centaine de poux. » « Totos et puces sont plus que jamais friands de la chair du poilu. »

« Sur cette photo, vous verrez un poilu songeur assis à la porte de son gourbi qu’il vient de construire, après 48 heures de travail laborieux »
« Sur cette photo, vous verrez un poilu songeur assis à la porte de son gourbi qu’il vient de construire, après 48 heures de travail laborieux »

Rats : « A peine la bougie éteinte, on a une vraie cavalcade de rats. J’allume la lampe et je vois un rongeur énorme qui s’apprête à grignoter l’andouille de ma musette. Pendant 2 heures, à l’aide de fusils et de baïonnettes, on a tenté de les tuer. En vain. »

 

Le Général Pétain reprend l’armée en main le 15 mai 1917. Le 6 avril 1917, les États-Unis d’Amérique votent leur entrée en guerre aux côtés de la Triple Entente (France, Royaume-Uni et Russie). Les premières troupes américaines arrivent à Boulogne-sur-mer le 13 juin 1917 puis à Saint-Nazaire le 28 juin 1917. Les combats se poursuivent sur le Chemin des Dames tout l’été jusqu’au 23 octobre 1917. Après la victoire française du fort de la Malmaison le 23 octobre 1917, où périt le soldat Alphonse BESNARD, les Allemands abandonnent le plateau. Le bilan de cette bataille est lourd avec 300 000 victimes. Parmi ces victimes figure un jeune soldat de Saint-Mars, Eugène DERENNE, mort le 27 septembre 1917, à Craonne.

 

Les soldats de Saint-Mars sur les fronts européens

 

Alors que la plupart des soldats français combattent en France sur le front de l’Ouest, certains soldats vont rejoindre d’autres fronts situés à l’Est et au Sud de l’Europe.

source : www.crdp-strasbourg.fr
source : www.crdp-strasbourg.fr

Les combats en Europe Orientale

L’Armée d’Orient se constitue à partir de mai 1915 pour participer à la bataille des Dardanelles aux côtés de l’Armée britannique contre l’Empire Ottoman (actuelle Turquie). Le détroit des Dardanelles est un lieu stratégique entre la mer Méditerranée et la Mer Noire avec un accès déterminant vers la Russie, alliée de la France et du Royaume-Uni. Cette bataille d’abord navale va finalement avoir lieu sur les terres turques.

 

Le soldat Armand Cordier de Saint-Mars fait alors partie du 1er régiment du génie. Il sera chargé avec l’ensemble de sa compagnie de la création de tranchées pour cette bataille mais aussi de la recherche de sources en eaux potables pour l’alimentation des troupes.

 

Après la défaite aux Dardanelles fin 1915, l’Armée d’Orient part soutenir l’Armée de Serbie aux côtés de l’Armée britannique contre l’Empire Austro-hongrois en Macédoine. Le soldat Armand Cordier fait alors partie du 84e Régiment d’Infanterie. Son régiment ainsi que l’ensemble de l’Armée d’Orient se retrouve dès l’été 1916 confronté à une maladie contagieuse qui fait des ravages, le paludisme. Il sera rapatrié à Nice en janvier 1917 où il mourra, probablement de cette maladie.

 

Un autre soldat de Saint-Mars participera aux combats au sein de l’Armée d’Orient, Alexandre Meslin. Il sera décoré de la médaille commémorative d’Orient ainsi que de la Médaille serbe.

 

les combats sur le front italien

L’Italie change de camp le 26 avril 1915 et entre dans le conflit aux côtés de la France et du Royaume-Uni face à l’Empire d’Autriche-Hongrie. De nombreuses batailles eurent lieu dans les Alpes italiennes, à la frontière des deux pays, jusqu’à la défaite de Caporetto le 24 octobre 1917.

 

Une armée franco-britannique dont 120 000 soldats français est alors envoyée en Italie en renfort de l’armée italienne. Parmi ces soldats, Louis Bidenne de Saint-Mars quitte le territoire français le 3 novembre 1917. Il fait alors partie du 7e régiment de hussards. Cette armée franco-britannique permettra de maintenir le front italien le long du fleuve Piave.

 

Louis BIDENNE (à gauche sur la photo)
Louis BIDENNE (à gauche sur la photo)

L’Armistice signé entre l’Allemagne et la Russie le 15 décembre 1917 permet à l’Allemagne d’envoyer une grande partie de ses troupes sur le front de l’Ouest en France. Au printemps 1918, les Allemands retirent également leurs troupes du front italien. La moitié des troupes franco-britanniques quittent le front italien en mars 1918 pour regagner la France, dont le soldat Louis Bidenne dès le 15 mars 1918. L’Insigne de la Campagne d’Italie, transformée en Médaille militaire lui sera décernée pour sa participation à ces combats.

 

Soldats de Saint-Mars morts en 1917 (6 morts)
Date de décès Nom Prénom Régiment Lieu de décès Âge
FEVRIER 1917
08/02/1917 CORDIER Armand 1er régiment du génie puis 84e RI Nice (Alpes-Maritimes) 33 ans
MARS 1917
24/03/1917 DAHIER Désiré 26e Régiment d’Infanterie Territoriale Stenay (Meuse) 41 ans
JUIN 1917
23/06/1917 FICHEPEIL Arsène 330e Régiment d’Infanterie Prosnes (Marne) 34 ans
SEPTEMBRE 1917
27/09/1917 DERENNE Eugène 22e régiment d’Infanterie Coloniale Craonne (Aisne) 19 ans
OCTOBRE 1917
23/10/1917 RENAULT Romain 8e escadron de train (service automobile) Lyon (Rhône) 20 ans
23/10/1917 BESNARD Alphonse 1er Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc Malmaison (Aisne) 28 ans